Chroniques

Temps de lecture : 1 min 56 s

La chronique Carte Blanche

Un été de Bleuet

Le 07 août 2026 — Modifié à 07 h 00 min
Par Roger Lemay

Je ne suis pas encore en vacances. J’ai hâte. Ça s’en vient. Je vois passer des publications de mes amis en camping, au bord d’une rivière ou d’un lac, dans une piscine, à la pêche. Bon, c’est vrai que la vie semble parfaite sur les réseaux sociaux. Faut s’en méfier. Certaines circonstances font en sorte que je ne prévois pas être très sorteux cet été pendant mon congé, qui débute aujourd’hui. En fait, mes vacances seront jeannoises et saguenéennes. Mais ne me croyez pas en peine de ma peau. Je demeure dans la région depuis plus de 60 ans et j’y découvre encore des perles. En fait je n’aurai pas assez de mes semaines de vacances pour y faire tout ce que je veux.

Être rédacteur en chef des 4 hebdos régionaux me permet d’avoir des yeux partout et surtout de découvrir de nouvelles attractions. Car elles ne cessent de naître. D’autres sont là depuis un bout mais je n’ai tout simplement pas eu encore l’occasion de les visiter.

Alors je convoite des activités que je chéries. Des plaisirs simples. Des exemples ? Partir à moto avec mon pote Jacques pour aller bruncher sur une terrasse de Tadoussac. Ou le tour du lac pour stopper à la terrasse si accueillante de la micro La Chouape à Saint-Fé. Armer mon petit voilier pour naviguer au près à Saint-Henri. Aller me balader au Jardin Scullion et aller y saluer les proprios Brian et Josée. M’offrir une des crèmes molles décadentes de Jello à Alma, goûter au boudin de Louis à Vauvert.

Mon congé tombera aussi en pleine saison des bleuets. Je n’aurais pas dit cela à l’adolescence ni comme jeune adulte, mais maintenant, c’est drôle, me retrouver sur une bleuetière à remplir des paniers pendant une couple d’heures me remplit aussi de zénitude. Le téléphone fermé, seul au monde, assis au beau milieu des talles abondantes; la sainte paix.

L’idée, c’est d’arrêter. En voyage, on court, on veut tout voir, on se bouscule. On veut en avoir pour son argent. C’est normal. Mais là, j’aspire au silence. Rien que pour observer mon coin de pays. À mon âge, une odeur, une lumière, un paysage suffisent à faire remonter des souvenirs que l'on croyait oubliés. Et, sans vouloir me la jouer trop nostalgie, ils en valent souvent la peine.

C’est donc ainsi le genre d’activités que je me propose pendant mes vacances d’été, un été contemplatif à sillonner ma région, à plonger dans le lac, puis dans le Saguenay, à avaler des kilomètres sur mon bon vieux Vulcan 900, à lire un roman, peinard, au camping de Val Jalbert, à sortir quelques truites de la Zec Martin-Valin. Bref, même si c’est pas l’Italie, le Portugal ou la France, j’anticipe quand même un été de rêve. Un été de Bleuet.

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